BMX Racing Media Since 2005

On ne la présente plus, elle est la référence en temps que pilote BMX, mais aussi en temps que sportive de haut niveau. Capable de se fixer des objectifs à court terme et à les atteindre. Revenue à ses premiers amours, le BMX, en 2007 avec comme objectif une médaille aux Jeux Olympiques de Beijing 2008. Elle atteint cet objectif en seulement une saison et demie et décroche la plus brillante des médailles, celle en Or ! Un peu plus d’un an après, rencontre avec cette athlète qui concrétise ses projets et il faut le dire, une des seules qui a réussi à médiatiser sur des médias grand public sur notre sport…

 

Période J.O, deux ans avant, tu reviens au BMX dans le but de participer aux premier J.O pour notre sport et obtenir une médaille. Comment as-tu travaillé durant ces deux années ? Qui t’a soutenu ? Comment as-tu vécu cette période avec le recul ? As-tu eu des doutes ?

Mon 1er objectif premier était d’essayer de me qualifier pour les JO, mais je ne savais plus rien du bmx, quel niveau il y avait à ce moment là.

Je ne voulais rien laisser au hasard, mettre toutes les chances de mon côté, alors je me suis entourée des personnes que je considère les meilleures dans leur domaine et qui me connaissaient déjà, afin de ne pas perdre de temps.

C’était un peu comme un team : Steph Girard mon entraineur pour la partie physique, un docteur, un ostéo sur Aix, le pôle France pour le travail technique, des amis riders (Romain Saladini, Karim Amour et David Quichante).

J’ai reçu mon premier BMX, fin janvier 2007 et là, je suis allée rouler à Montmélian. A la fin de la journée, on savait que ça allait être dur de se remettre au niveau des meilleures filles, mais j’étais motivée….de là, j’ai [ZOOM+] beaucoup, beaucoup travaillé. Et malgré quelques difficultés dans ma préparation (lumbagos..) ce premier hiver, j’ai fais une belle saison 2007.

A l’automne 2007, on a réajusté les choses qui ne me convenaient pas. Je me suis installée près de Pernes Les Fontaines pour me rapprocher d’amis hors BMX et retrouver un équilibre qui me manquait à Aix.

Là bas, j’ai beaucoup progressé en compagnie de tous les jeunes des clubs alentours.

Mentalement cette saison 2008 était compliquée car je m’étais fixée 2 objectifs (chpt du monde et JO) et j’arrivais souvent fatiguée sur les autres courses. Ce n’est pas facile d’accepter ses coups de pompes, mais je savais que c’était le bon choix et que ça allait payer , car j’ai toujours été présente le jour J avec les programmations de mon entraineur.

Et puis, j’avais ma famille et mes amis qui me soutenaient. Des doutes j’en ai eu forcement. Je voulais ramener une médaille et j’ai ramené la plus belle. Ça, je n’osais même pas en rêver !

 

Toujours avec le recul, revenons au jour J des J.O… le finale. Quel a été ton ressenti sur la grille, comment l’as-tu vécu ?

Le jour de la finale j’étais surmotivée. D’une part, je pensais que c’était une chance d’être là et que je n’allais pas ‘gaspiller’ cette opportunité, ni toutes ses heures passées à s’entrainer.

De plus, les évènements de la veille, avec la pluie et le fait que la course soit reportée contrairement à ce qui avait été annoncé m’avaient plus qu’énerver.

Ce sont toutes ces petites choses, ses petites pensées qui m’ont transcendé pour cette finale. Je pense que je n’ai jamais eu autant envie d’être sur une grille de départ que ce jour là. J’avais ‘les crocs’ et je voulais prouver que cette médaille, elle serait encore plus belle avec une course régulière.

Plus les tours passaient, plus je voyais Shanaze douter, et plus ça me mettait en confiance.

Je crois simplement que c’était mon jour.

 

 

Un an plus tard, quel regard portes-tu sur cette médaille ?

Cela reste de loin ma meilleure expérience sportive. Plus c’est dur à obtenir et plus c’est bon !

 

Si c’était à refaire, le referais-tu ?

Je ne crois pas. C’est beaucoup de travail et de stress . J’ai beaucoup donné pour le sport et le sport m’a beaucoup apporté. Aujourd’hui, même si je n’arrive pas à raccrocher complètement j’aspire à une vie plus calme.

 

Dans l’année qui a suivi, tu es revenue au VTT, mais aussi au Ski de vitesse. Raconte nous un peu pourquoi un objectif si différent, tes motivations. Juste l’adrénaline ?

J‘habite en face de la piste de ski de vitesse et mon copain (ex recordman de ski de vitesse 242 km/h) et ses enfants en font. Autant dire qu’à la maison l’hiver on parle, on mange, on boit ski de vitesse…C’est un sport que je pratique pour m’amuser depuis longtemps, mais je ne me prend pas au sérieux…

Par contre le vtt, la montagne m’a manqué pendant ces 2 années de préparation olympique et je suis remontée sur mon grand vélo, pour le plaisir avant tout. Ca me permet aussi de me ‘sevrer’ doucement de la compétition.

 

Veux-tu continuer ta carrière en VTT ?

Je continue ma carrière bien sûr. Ca serait dommage de disparaître dans la nature…

Cependant je ne suis plus une compétitrice pure et dure.

Je n’ai plus cette ambition, je préfère être disponible pour mes partenaires et les gens, transmettre mon expérience.

 

Si tu devais faire un parallèle entre le monde du VTT et celui du BMX RACING. Que manque t’il à ce dernier pour s’ouvrir plus au grand public, aux médias ?

Il ne manque rien au sport même. C’est un sport complet, visuel spectaculaire. Les médias ne jouent pas vraiment leur rôle et même si grâce aux JO on a entendu parler pas mal du bmx, ca retombe déjà et on sait qu’ils ne reparleront de bmx, qu’ à l’approche des prochains JO…

 

 

 

 

 

 

Le milieu des pilotes PRO du VTT semble radicalement différent de celui du BMX. Est-ce qu’un pilote Pro VTT peut vivre mieux sa carrière ? Et pourquoi ?

La grosse différence entre le vtt et le bmx est le nombre de pratiquants et de ce fait les vélos et produits dérivés vendus.

Ca permet aux athlètes de trouver des sponsors, le plus souvent interne au vtt, et de vivre de leurs sports. C’est le principe même du marketing, on investit un franc sur un athlète qui va nous en faire gagner 3…

C’est une espèce de spirale, investissement, communication, résultat, qui fait que les vttistes sont plus connus et mieux payés….et ainsi de suite.

 

Tu te diriges vers le coaching, qu’a tu passé comme diplôme et pourquoi ?

J’ai passé mon brevet d’Etat. Depuis quelques années déjà, des personnes me demandent si j’organise des stages, si je peux entrainer leurs enfants … et c’était aussi l’occasion de s’occuper l’esprit au cas où les JO se seraient mal passés.

J’ai donc eu un automne très occupé et maintenant je vais pouvoir m’occuper de mes différents projets.

 

Tu montes une école VTT/BMX dans à Vars ? Peux-tu nous en dire plus sur ce projet, son développement et ses objectifs ?

La station de ski de Vars (hautes-Alpes) où j’habite va développer son bike park. C’est une activité de plus en plus importante pour les stations l’été. Le but étant de pouvoir faire du vtt comme on fait du ski l’hiver (pistes vertes, bleues….noires, plutôt descendantes).

Parallèlement à ce développement, je vais créer une école de vtt (idem école de ski). Pour l’été prochain on proposera des cours de vtt tous niveaux, des stages à thèmes et on organisera un évènement pour les plus jeunes.

ACC bike school , disposera d’un espace avec des ateliers ludiques et évolutifs afin d’apprendre les techniques nécessaires avant de se lancer à l’assaut des pistes du bike park.

Je suis entrain de voir avec mes prochains sponsors, mais ça devrait également être un centre test. Afin que les clients potentiels viennent essayer les modèles de vélo, fourches…etc…avant de les acheter.

Au début, j’espère que l’on pourra être trois moniteurs pour encadrer. Et si David (the coach) me rejoint, je pense qu’on verra rapidement apparaître une mini piste de bmx et un champ de bosses.

Dès cet été, je vais organiser un événement pour les plus jeunes (mini descente, slalom, dirt ?) qui sort de l’ordinaire…

 

Si tu n’avais qu’un conseil à donner aux pilotes BMX, lequel serait-il ?

De se faire plaisir avant tout et aussi de ne pas hésiter à essayer d’autres sports (hors saison) car ça apporte toujours plus d’expérience…

 

Et pour finir, le mot de la fin ?

Merci à Bmx2day, de me permettre de suivre le bmx du haut de ma montagne. Et merci pour tous les messages reçus après les JO.

A bientôt, à Vars ou sur une course.

 

Vous pouvez toujours suivre l’actualité d’Anne Caroline sur son site » www.annecarochausson.com

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le 23 septembre 2009.

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