Au contraire de ce que nous connaissons pour l’élection du Maire, du député ou du Président de la République dont la date de dépôt de candidature est entérinée par le Conseil Constitutionnel, nul n’est besoin à un candidat à la présidence de la fédération française de cyclisme, de se dévoiler avant le jour du scrutin.
C’est ce cas de figure qui s’est présenté pour l’élection de Jean Pitallier en 2001 alors qu’Alain Calvez et François Scavini s’étaient déclarés candidat avant l’assemblée fédérale. Lors du débat de Deauville, le 6 février dernier qui opposait David Lappartient, Michel Callot et Cyrille Guimard, ce dernier a proposé «que soient connus, six mois à l’avance, les candidats à la présidence afin qu’un candidat surprise ne sorte du chapeau» mais ce ne sera pas encore le cas en 2009.
Cette année, Michel Callot, président du Comité Rhône-Alpes, a souhaité un vrai débat démocratique en proposant publiquement sa candidature, 4 mois avant la date de l’élection. Deux mois plus tard, David Lappartient, vice-président de la fédération française de cyclisme suivait le mouvement.
Les choses sont donc un peu plus claires qu’en 2001, puisque publiques, bien que le candidat surprise soit encore possible. Ainsi donc, Michel Callot, David Lappartient et Cyrille Guimard feront acte de candidature officielle le 28 février prochain, s’ils sont élus au sein du nouveau conseil d’administration, et ce juste après la proclamation du résultat de ce premier vote du 28 Février.
L’élection du président se tiendra alors juste ensuite, la même journée. On peut considérer qu’il s’agit d’un «2eme tour».
Les Délégués : enjeux de toutes les tractations !
Lors de tous les votes de l’Assemblée Générale FFC, y compris pour le 2eme Tour vote du Président, ce sont les délégués des régions qui ont en main les bulletins de vote.
Ces délégués jouent un rôle capital. Ils sont 91 répartis dans les 23 comités régionaux. Pour exemple, l’Ile de France compte 6 délégués pour 1 en Nouvelle Calédonie et 4 en Aquitaine. Soit 30 voix en IDF, 11 en Nouvelle Calédonie et 24 en Aquitaine. On comprend aisément pourquoi la sympathie d’un délégué envers un candidat est toujours la bienvenue !
Les délégués, suivant les statuts de la fédération, font l’objet d’une élection lors de l’assemblée générale du comité régional. Or, depuis quelques années, par méconnaissance du système électoral des licenciés et donc des élus régionaux et départementaux, certains délégués ont fait l’objet d’une désignation plus ou moins démocratique par le président du comité régional. Cette méthode permet au président de comité de s’assurer qu’il maîtrise le vote de ses délégués et qu’ils cocheront bien le nom des candidats qu’il souhaite voir élu, au minimum au Conseil d’Administration, au maximum, à la présidence de la fédération.
C’est cette pratique qui a permis, notamment, d’élire des présidents de fédérations issus du cyclisme traditionnel quand, en parallèle, se présentaient des candidats réformateurs et plus modernes d’esprit issus de la filière VTT, donc non traditionnelle. Voilà pourquoi il était utopique de croire, comme beaucoup le suggéraient, de voir un président de fédération issu du BMX ou du VTT.
Or, cette année, Michel Callot, encore lui, conscient des dérives électorales depuis de nombreuses années, a mené une campagne d’information dans de nombreux comités régionaux pour sensibiliser les présidents de clubs et membres de commissions régionales à l’enjeu du poste de délégué et à l’ obligation de procéder à un vote.
Le scrutin du 28 février dira si, oui ou non, cette démarche démocratique a porté ses fruits.
L’élection fédérale
La grande messe fédérale débutera à 8h15 – suivant l’ordre du jour- qui se tiendra à la Maison du Sport à Paris, siège du Comité National Olympique Sportif Français.
Après la vérification des pouvoirs de vote des délégués, le président sortant s’adressera à l’ensemble des membres qui écouteront ensuite les divers rapports notamment moraux et financiers.
A l’issue, sera procédée l’élection des membres du nouveau conseil d’administration, où, logiquement, devraient se trouver les trois candidats déclarés que sont Lappartient, Callot et Guimard. Si l’un d’eux venait à ne pas être élu, il ne pourrait présenter sa candidature. Et c’est là que commence un système électoral où toute tractation peut être qualifiée de politique et d’occulte.
Une fois le nouveau conseil d’administration élu, les délégués votent à nouveau pour élire le nouveau président. Chaque candidat aura entre temps déclaré sa candidature et fait une allocution devant l’AG.
Les délégués ont, normalement, déjà procédé à leur choix puisqu’ils représentent le choix global de leur comité. Cependant, tous les délégués ne sont pas nécessairement du même avis que le président de leur Comité régional et peuvent se ranger, s’ils ont correctement fait leur travail d’écoute et ont le courage d’exercer leur libre-arbitre, derrière l’avis des présidents de clubs. En d’autres termes, cela signifie qu’un président de Comité peut donner, à ses délégués, des consignes de vote contraires à la tendance politique du comité.
Et lorsque la communication devient opaque, comme c’est encore le cas de certains comités, plus personne ne sait qui vote pour qui… Sûrement pas les licenciés. Belle démocratie ! C’est en partie le projet de réforme de Michel Callot sur son projet de modification des statuts avec pour mot d’ordre : la transparence.
Reste à savoir si cette réforme est du goût de tout le monde ? Mais avec une nouvelle génération de dirigeants, tout porte à croire qu’elle est de plus en plus souhaitée et probable. David Lappartient à lui-même reconnu que « plus rien ne sera comme avant ». Il y a donc l’espoir que notre fédération se dépoussière de ses vieilles habitudes.
Peu avant midi, le nouveau président sera élu et proclamé officiellement Président de la Fédération Française de Cyclisme par le président de la Commission de surveillance des opérations électorales.
Le nouveau président fera sa première allocution devant l’Assemblée Fédérale puis clôturera celle-ci. A ce moment là, il restera au nouveau président à constituer son bureau exécutif et à procéder à la désignation des présidents de commission qui auront chacun la tâche de former leur équipe de travail.
Le bureau exécutif sera constitué, dans un délai de quelques semaines, à partir d’une liste de personnes proches du président et avec lesquelles il souhaite travailler, un peu à la manière du premier Ministre qui propose ses ministres au Président.
Le conseil d’administration validera ou invalidera cette liste. Une liste sera proposée autant de fois que le conseil d’administration ne sera pas d’accord.
De même, le nouveau président sera chargé, en accord avec le ministre des Sports, de désigner un nouveau Directeur Technique National. Le DTN sortant étant Monsieur Patrick Cluzaud.
Les présidents de commissions
Cette élection, bien qu’essentielle, n’a pas le même caractère d’urgence que celle élisant le président de la fédération.
C’est pourquoi, le nouveau président possède un délai de plusieurs semaines pour prendre réflexion et coopter les noms des personnes qu’il souhaite voir présider ces commissions.
Les personnes proposées aux postes de président de commission peuvent, soit provenir du conseil d’administration, soit être appelées de l’extérieur avec pour seule obligation d’être détenteur d’une licence fédérale. On dit alors qu’il y a « cooptation» de la part du président de la fédération. Il n’y a aucun acte de candidature officiel pour prétendre au poste de président de collège. Ce fut le cas pour Sylvain Duployer en 2005, appelé à la rescousse au collège BMX, après la démission, un an plus tôt, de Jean-Pierre Thellier.
Ainsi donc, aux alentours du 15 mars, la fédération française de cyclisme devraient être totalement opérationnelle et chacun sera au travail pour un mandat de 4 ans…
Premiers éléments de réponse le 28 février... |